Auteur/autrice : lepoudreux

  • Drones kamikazes : la première commande française arrive

    Le 22 janvier 2026, la Direction générale de l’armement a officialisé un jalon attendu : la toute première commande de drones kamikazes à longue portée destinée aux forces françaises. Ce marché a été passé fin décembre 2025 et il associe MBDA et la PME Aviation Design au sein d’un groupement momentané d’entreprises. Pourtant, si l’annonce acte l’arrivée des drones kamikazes dans l’arsenal national, elle laisse, en même temps, plusieurs questions ouvertes sur le volume, le coût, et surtout l’usage opérationnel réel de ces drones kamikazes.

    Une commande fondatrice de la Direction générale de l’armement

    La portée politique de cette commande est autant industrielle qu’opérationnelle. D’abord, parce que la Direction générale de l’armement la présente comme une entrée tardive mais assumée dans la famille des munitions télé-opérées, ces drones kamikazes pensés pour frapper sans exposer immédiatement un aéronef piloté. En outre, l’annonce insiste sur un binôme industriel précis, MBDA et Aviation Design, et donc sur une filière française ; toutefois, la Direction générale de l’armement ne communique ni le nombre d’unités ni le montant, et elle ne détaille pas non plus le périmètre exact des prestations (soutien, entraînement, simulateurs, pièces), ce qui rend plus difficile l’évaluation de la vraie bascule capacitaire induite par ces drones kamikazes.

    Cette commande s’inscrit, par ailleurs, dans une séquence plus large, qui mélange expérimentation accélérée et passage à l’échelle. En effet, la France fait avancer, en parallèle, la munition télé-opérée de courte portée Damocles, ce qui révèle une logique « double étage » : des drones kamikazes pour l’échelon tactique immédiat et, en même temps, des drones kamikazes de profondeur. La DGA a qualifié un premier standard Damocles le 21 novembre 2025, puis a démarré des livraisons le 2 décembre 2025, avec 460 munitions attendues d’ici juillet 2026, soit un volume significatif pour l’entraînement et l’appropriation. Et cette montée en puissance a une généalogie : « Cette munition télé-opérée concrétise le passage à l’échelle d’un concept issu de l’appel à projets Colibri, lancé en 2022 par la DGA et l’Agence de l’innovation de défense (AID) », indique la DGA. Autrement dit, la Direction générale de l’armement ne lance pas seulement une commande de drones kamikazes ; elle tente, aussi, d’industrialiser des briques déjà testées, afin de réduire le risque et, surtout, de raccourcir les cycles.

    Drones kamikazes longue portée : ce que promet l’OWE et ce qui reste flou

    Le cœur de l’annonce, côté profondeur, se cristallise autour d’un modèle identifié : l’OWE, pour One Way Effector. Ces drones kamikazes de longue portée ont une longueur de 3 mètres et une largeur de 3,3 mètres d’envergure, et sont propulsés par turboréacteur à une vitesse de 400 km/h. Ils ressemblent quelque peu aux engins de type Shahed, visibles depuis des mois sur le théâtre ukrainien. Surtout, l’intérêt opérationnel est explicitement posé : « La portée de 500 kilomètres de ces munitions permettra de mener des frappes tactiques dans la profondeur, par exemple sur des postes de commandement ou des dispositifs logistiques », selon le ministère des armées. Dès lors, l’enjeu dépasse la simple commande : ces drones kamikazes visent à frapper loin, parfois en nombre, et à user les défenses adverses, tout en proposant un coût d’emploi potentiellement inférieur à certains missiles de croisière.

    Cependant, plus la promesse est spectaculaire, plus les zones grises deviennent sensibles. Le vol est « préprogrammé », la munition étant tirée depuis une rampe au sol, puis guidée vers des coordonnées GNSS/GPS préparées avant la mission ; et c’est précisément là que surgissent les inconnues. D’un côté, si l’approche « one way » simplifie, alors elle facilite la production, la formation, et l’emploi en masse. De l’autre, dans un environnement de brouillage et de leurres, la robustesse du guidage, la résistance aux contre-mesures, ainsi que la capacité à re-cibler en dernière minute deviennent décisives. MBDA revendique un calendrier accéléré : « Il s’est passé moins d’un an entre l’annonce du projet, le premier tir d’essai et la signature du premier contrat », indique l’industriel, dans une communication du 22 janvier 2026.Pourtant, faute de chiffres officiels sur la commande, il reste impossible de savoir si la France achète une capacité de niche, ou si elle prépare réellement un stock de drones kamikazes apte à durer dans un conflit long.

    Drones kamikazes : pourquoi la France a pris du retard et comment elle tente de le combler

    L’accélération s’inscrit dans la logique d’« économie de guerre » et, surtout, dans les leçons de l’Ukraine, où les drones kamikazes se sont imposés à tous les niveaux, de l’escouade à la profondeur opérative. En France, pendant des années, les arbitrages ont favorisé d’autres segments : avions de combat, missiles, artillerie, et drones de renseignement, tandis que la munition télé-opérée restait marginale, donc peu priorisée. De plus, et c’est un point souvent sous-estimé, l’écosystème industriel des drones kamikazes nécessite une production volumique, une capacité d’intégration rapide, et des approvisionnements robustes en composants, ce qui va à l’encontre de certains cycles longs et très normés de l’armement classique. C’est pourquoi, désormais, la Direction générale de l’armement multiplie les trajectoires : une commande de drones kamikazes à longue portée pour la profondeur, et une mise en service rapide du Damocles pour l’échelon proche, afin d’entraîner, d’équiper, et de tester sous contrainte.

    Damocles, justement, illustre le choix d’un outil immédiatement « apprenable », et donc rapidement diffusible. Il s’agit d’un quadricoptère équipé de capteurs jour/nuit, avec 40 minutes d’autonomie et une portée supérieure à 10 km, conçu pour opérer malgré le brouillage GNSS et les perturbations des communications, et portant une charge à fragmentation de 550 g développée par KNDS France. Ce portrait tranche avec l’OWE : ici, les drones kamikazes relèvent d’une logique tactique, au plus près du contact, et ils obligent à repenser l’organisation des unités, la gestion des stocks, et la formation des opérateurs. En parallèle, l’OWE vise la profondeur, et donc des chaînes de décision, de renseignement, et de planification plus lourdes. À ce stade, et c’est l’essentiel, la France ne dit pas encore comment ces drones kamikazes s’articuleront avec l’artillerie longue portée, les missiles, ou les moyens aériens ; et elle ne précise pas non plus la part qui sera consacrée à l’entraînement, à la réserve, et aux stocks de crise. En revanche, une phrase résume l’état d’esprit : « Des premiers échanges avec la DGA, mi-décembre 2024, à l’officialisation du contrat, il s’est passé un an et trois semaines », souligne Hugo Coqueret, responsable du business développement chez MBDA. Autrement dit, la commande de drones kamikazes n’est plus un débat ; c’est, désormais, une course.

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  • France Travail va créer une branche Défense pour booster les recrutements militaires

    Un chantier d’envergure au service des armées et de l’industrie

    La création de cette nouvelle branche de France Travail répond à des objectifs ambitieux de recrutement dans un secteur jugé stratégique pour la souveraineté nationale. Selon les annonces ministérielles, ce dispositif doit permettre de « mobiliser complètement les forces de l’opérateur public pour répondre aux besoins de l’industrie de défense ».

    Le ministre a souligné lors de ses déclarations que l’effort porte sur des dizaines de milliers d’emplois à créer, dont une partie significative dans le département du Var, où 10 000 postes sont attendus d’ici 2030. Cette fourchette très substantielle traduit la montée en puissance du secteur, entre modernisation des armées, renouvellement de matériel et montée des capacités industrielles.

    Pour l’État, la branche Défense au sein de France Travail est conçue comme une structure nationale dédiée au recrutement dans ce domaine. Elle sera placée sous l’autorité d’un général, ce qui reflète l’importance stratégique accordée à ce projet et la nécessité de créer une interface crédible entre l’opérateur de l’emploi, les armées et les acteurs industriels.

    Un dispositif en connexion avec les armées et l’industrie

    Selon les informations disponibles, cette nouvelle équipe de France Travail collaborera étroitement avec plusieurs acteurs institutionnels et industriels, afin d’optimiser les recrutements et répondre aux besoins des armées. Plus précisément, elle sera en lien avec :

    • La Direction générale de l’armement (DGA), responsable des programmes d’armement.
    • Les représentants des armées, qui connaissent les besoins opérationnels en personnel qualifié.
    • Les fédérations professionnelles et 9 grands maîtres d’œuvre industriels, couvrant la conception, la production et la maintenance des équipements militaires.

    Cette collaboration vise à qualifier précisément les besoins en compétences et métiers, y compris pour les petites et moyennes entreprises du secteur. L’objectif est d’orienter et accompagner les candidats vers ces métiers, en conjuguant les attentes des armées et celles des industriels.

    Le ministre Jean-Pierre Farandou a insisté sur l’importance de ce couplage entre besoins militaires et viviers d’emploi : « On va créer une force spéciale défense … pour amener tous les travailleurs nécessaires pour que notre industrie de défense puisse se développer », a‑t‑il déclaré.

    Quelles conséquences pour l’emploi dans la Défense ?

    La création de cette branche au sein de France Travail intervient dans un contexte où les armées françaises modernisent leurs capacités, avec des programmes majeurs comme la modernisation Scorpion de l’armée de Terre ou le renouvellement des systèmes d’armes aériennes et navals.

    Pour les armées, cela signifie que France Travail ne se limite plus à un rôle d’intermédiaire généraliste sur le marché du travail, mais devient un acteur structurant pour l’orientation, la qualification et l’adaptation des compétences aux besoins spécifiques de la défense.

    Ce déploiement se traduira notamment par :

    • une meilleure identification des compétences recherchées dans des domaines techniques (chaudronnerie, électronique, systèmes numériques, cybersécurité, etc.).
    • une présence active auprès des demandeurs d’emploi et des viviers disponibles dans toute la France.
    • la tenue d’événements dédiés, comme celui prévu le 23 avril à Toulon, où plus de 5 000 offres d’emploi seront proposées dans les métiers de l’industrie de défense.

    Pour les entreprises du secteur, notamment les PME, ce dispositif constitue une plateforme d’intermédiation structurée qui facilite la mise en relation entre besoins en compétences et candidats. Il s’inspire de modèles déjà existants dans d’autres secteurs (comme le nucléaire) où des équipes spécialisées ont démontré leur utilité pour répondre à des besoins très techniques.

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  • France Travail va créer une branche Défense pour booster les recrutements militaires

    Un chantier d’envergure au service des armées et de l’industrie

    La création de cette nouvelle branche de France Travail répond à des objectifs ambitieux de recrutement dans un secteur jugé stratégique pour la souveraineté nationale. Selon les annonces ministérielles, ce dispositif doit permettre de « mobiliser complètement les forces de l’opérateur public pour répondre aux besoins de l’industrie de défense ».

    Le ministre a souligné lors de ses déclarations que l’effort porte sur des dizaines de milliers d’emplois à créer, dont une partie significative dans le département du Var, où 10 000 postes sont attendus d’ici 2030. Cette fourchette très substantielle traduit la montée en puissance du secteur, entre modernisation des armées, renouvellement de matériel et montée des capacités industrielles.

    Pour l’État, la branche Défense au sein de France Travail est conçue comme une structure nationale dédiée au recrutement dans ce domaine. Elle sera placée sous l’autorité d’un général, ce qui reflète l’importance stratégique accordée à ce projet et la nécessité de créer une interface crédible entre l’opérateur de l’emploi, les armées et les acteurs industriels.

    Un dispositif en connexion avec les armées et l’industrie

    Selon les informations disponibles, cette nouvelle équipe de France Travail collaborera étroitement avec plusieurs acteurs institutionnels et industriels, afin d’optimiser les recrutements et répondre aux besoins des armées. Plus précisément, elle sera en lien avec :

    • La Direction générale de l’armement (DGA), responsable des programmes d’armement.
    • Les représentants des armées, qui connaissent les besoins opérationnels en personnel qualifié.
    • Les fédérations professionnelles et 9 grands maîtres d’œuvre industriels, couvrant la conception, la production et la maintenance des équipements militaires.

    Cette collaboration vise à qualifier précisément les besoins en compétences et métiers, y compris pour les petites et moyennes entreprises du secteur. L’objectif est d’orienter et accompagner les candidats vers ces métiers, en conjuguant les attentes des armées et celles des industriels.

    Le ministre Jean-Pierre Farandou a insisté sur l’importance de ce couplage entre besoins militaires et viviers d’emploi : « On va créer une force spéciale défense … pour amener tous les travailleurs nécessaires pour que notre industrie de défense puisse se développer », a‑t‑il déclaré.

    Quelles conséquences pour l’emploi dans la Défense ?

    La création de cette branche au sein de France Travail intervient dans un contexte où les armées françaises modernisent leurs capacités, avec des programmes majeurs comme la modernisation Scorpion de l’armée de Terre ou le renouvellement des systèmes d’armes aériennes et navals.

    Pour les armées, cela signifie que France Travail ne se limite plus à un rôle d’intermédiaire généraliste sur le marché du travail, mais devient un acteur structurant pour l’orientation, la qualification et l’adaptation des compétences aux besoins spécifiques de la défense.

    Ce déploiement se traduira notamment par :

    • une meilleure identification des compétences recherchées dans des domaines techniques (chaudronnerie, électronique, systèmes numériques, cybersécurité, etc.).
    • une présence active auprès des demandeurs d’emploi et des viviers disponibles dans toute la France.
    • la tenue d’événements dédiés, comme celui prévu le 23 avril à Toulon, où plus de 5 000 offres d’emploi seront proposées dans les métiers de l’industrie de défense.

    Pour les entreprises du secteur, notamment les PME, ce dispositif constitue une plateforme d’intermédiation structurée qui facilite la mise en relation entre besoins en compétences et candidats. Il s’inspire de modèles déjà existants dans d’autres secteurs (comme le nucléaire) où des équipes spécialisées ont démontré leur utilité pour répondre à des besoins très techniques.

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  • Cette bombe française « intelligente » redéfinit les règles de la guerre : 5 vérités surprenantes sur l’AASM Hammer

    Cette bombe française « intelligente » redéfinit les règles de la guerre : 5 vérités surprenantes sur l’AASM Hammer

    1. Introduction : L’arme discrète qui change tout

    L’imaginaire de la guerre moderne est saturé d’images de drones furtifs et de missiles hypersoniques. Pourtant, sur le champ de bataille ukrainien, une technologie plus discrète est en train de prouver qu’elle est tout aussi révolutionnaire : un simple kit capable de transformer de vieilles bombes « idiotes » en armes de précision redoutables. Cet équipement, l’AASM « Hammer » de conception française, révèle par ses performances des leçons surprenantes sur l’avenir du combat et la vulnérabilité insoupçonnée de nos sociétés.

    Cet article vous propose de découvrir cinq révélations sur ce système d’arme qui change la donne :

    * Ce n’est pas un missile, mais un « cerveau » pour de vieilles bombes. * Il donne un avantage décisif aux vieux chasseurs soviétiques. * Son guidage « couteau suisse » est presque infaillible.
    * La prochaine version efface la notion de « zone arrière sécurisée ». * Sa plus grande menace n’est pas pour les soldats, mais pour votre quotidien.

    2. Les 5 révélations sur le système AASM « Hammer »

    2.1. Ce n’est pas un missile, c’est un « cerveau » pour de vieilles bombes

    Le concept fondamental de l’Armement Air-Sol Modulaire (AASM) « Hammer » est d’une simplicité stratégique redoutable. Il ne s’agit pas d’une arme conçue de A à Z, mais d’un kit modulaire de guidage et de propulsion qui vient se fixer sur des corps de bombes standards non guidées existants (telles que les Mk82 américaines ou les BLU-111) pesant de 250 à 1000 kg.

    L’avantage est immense : cette approche permet de convertir rapidement des stocks pléthoriques de bombes « idiotes » en munitions de haute précision. Nul besoin de construire des missiles complexes et coûteux. C’est cette capacité de « recyclage » intelligent qui autorise une montée en cadence de production massive. La France a livré 600 kits en 2024 à une cadence de 50 par mois, et Safran vise désormais 90 unités mensuelles. Cette facilité explique sa prolifération, avec déjà sept forces aériennes utilisatrices confirmées.

    2.2. Il donne un avantage décisif aux vieux chasseurs soviétiques

    L’un des faits les plus marquants est l’intégration réussie de l’AASM sur les avions de conception soviétique de l’armée de l’air ukrainienne : MiG-29, Su-27 et même les avions d’attaque au sol Su-25. Cette adaptation crée une asymétrie tactique brutale. Alors que les bombes planantes russes UMPK ont une portée similaire, elles sont dépourvues de la précision terminale du Hammer.

    L’AASM, lui, offre une portée de plus de 70 km avec une précision chirurgicale, de l’ordre du mètre. Pour maximiser leur efficacité, les pilotes de Su-25 ont développé une tactique audacieuse : ils larguent la bombe en effectuant une manœuvre de « cabré balistique », gagnant 20 km de portée supplémentaires pour frapper des cibles en profondeur tout en restant hors de portée des défenses ennemies. Face à l’épuisement des stocks de Storm Shadow, d’ATACMS et même de roquettes Zuni 5 pouces depuis 2023, le Hammer est devenu une arme de survie par défaut. Son importance stratégique est telle que son intégration sur les futurs F-16 ukrainiens est déjà en cours.

    2.3. Son guidage « couteau suisse » est presque infaillible

    La robustesse de l’AASM repose sur son triple guidage, le rendant extrêmement résistant aux contre-mesures dans un environnement contesté. Sa logique opérationnelle est implacable :

    * GPS/Inertiel (INS) : Le mode par défaut pour frapper des cibles fixes avec une précision de 10 mètres, par tous les temps. Pas de GPS disponible à cause du brouillage ? Le système bascule en inertiel pur.
    * Infrarouge (IR) : Pour la phase terminale, il compare l’image thermique de la cible avec une image pré-enregistrée. Pas de météo acceptable pour le guidage optique ? L’infrarouge compense.
    * Laser : Pour les cibles mobiles ou d’opportunité, un illuminateur guide la bombe avec une précision de 1 mètre, y compris sur des objectifs en mouvement.

    Cette redondance garantit une probabilité de coup au but exceptionnellement élevée, quelles que soient les actions de l’adversaire ou les conditions du champ de bataille.

    2.4. La prochaine version efface la notion de « zone arrière sécurisée »

    L’évolution du système, l’AASM XLR (Extra Long Range) destiné au standard F5 du Rafale français, marque un saut capacitaire majeur. Le propulseur fusée est remplacé par un turboréacteur miniature, faisant passer la portée de 70 km à 140 km confirmés. Une version future, annoncée à Dubaï en 2023, vise même 150-200 km.

    La conséquence est un changement de paradigme : l’AASM passe d’une arme de frappe tactique à une arme quasi-stratégique. Une telle allonge rend la notion de « sanctuaire arrière » complètement obsolète. Les zones logistiques, les postes de commandement et les infrastructures situées loin du front peuvent être tenus à risque par des avions patrouillant à une distance de sécurité confortable.

    2.5. Sa plus grande menace n’est pas pour les soldats, mais pour votre quotidien

    L’implication la plus contre-intuitive de cette technologie ne concerne pas le front, mais l’arrière-pays civil. La combinaison de la longue portée, de la précision chirurgicale et de la production de masse rend les infrastructures critiques de nos sociétés extrêmement vulnérables. L’emploi réussi de l’AASM par l’Ukraine sert de démonstration en conditions réelles, rendant la menace moins théorique et plus immédiate pour tous. Votre smartphone reste allumé tant que personne ne décide de larguer 50 Hammer sur les transformateurs haute tension.

    L’analyse est brutale et met en lumière une fragilité systémique :

    « Votre approvisionnement alimentaire dépend de 12 plateformes logistiques majeures en France. 12 cibles. 12 frappes AASM 1000 kg suffisent pour créer pénurie nationale pendant 3 semaines. »

    Il est économiquement impossible de défendre chaque centrale, pont ou nœud ferroviaire contre une menace pouvant frapper depuis 200 kilomètres. Notre mode de vie repose sur des réseaux que nous considérons à tort comme invulnérables.

    3. Conclusion : L’espoir n’est pas une stratégie

    Un kit d’apparence simple, conçu pour moderniser de vieilles bombes, a des conséquences stratégiques profondes. L’AASM Hammer ne se contente pas de changer les équilibres tactiques sur le front ; il brouille la frontière même entre la zone des combats et l’arrière civil, que l’on pensait à l’abri.

    La prolifération de cette technologie signifie que notre résilience collective repose sur la supposition qu’aucun adversaire ne décidera de tester ces capacités contre nos propres infrastructures.

    Espoir. Pas stratégie.

    [attach 1]