Catégorie : Comment

  • L’application pour le permis de chasser a été piratée, les données personnelles volées

    Le 30 janvier 2026, l’OFB a informé officiellement les titulaires et candidats au permis de chasser qu’un acte de cybermalveillance a affecté l’application nationale dédiée, selon nos informations. L’établissement public reconnaît un accès non autorisé à des données personnelles et indique avoir immédiatement engagé des mesures techniques, une plainte auprès de l’unité nationale cyber de la gendarmerie, ainsi que des notifications à la CNIL et à l’ANSSI. L’application concernée reste, à cette date, indisponible au public.

    Armes et fichiers administratifs : le périmètre exact des données compromises

    Le contenu du message transmis par l’OFB se distingue par sa précision. Les données susceptibles d’avoir été consultées de manière illicite couvrent un spectre particulièrement large : identité complète, coordonnées postales et téléphoniques, nationalité, adresse électronique, numéro de permis de chasser, ainsi que les informations relatives à l’instruction administrative et à l’examen. Figure également la mention de l’inscription éventuelle au fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes, selon l’e mail envoyé par l’OFB aux chasseurs et dont nous avons eu connaissance.

    Sur le plan strictement juridique, l’OFB précise que les données bancaires, les informations de santé et les données relatives à la détention effective d’armes ne sont pas concernées. Cette précision est importante, mais elle ne neutralise pas les risques opérationnels. La combinaison de données d’identité complètes, d’adresses physiques et d’un lien explicite avec un univers réglementé des armes constitue un socle exploitable pour des opérations de fraude ciblée, d’ingénierie sociale ou de repérage préalable à des atteintes aux biens. Dans son message, l’OFB insiste d’ailleurs sur ce point en appelant à la vigilance face aux sollicitations par courriel, téléphone, SMS ou même à domicile.

    Sécurité intérieure : quand les cyberattaques croisent la problématique des armes

    Cet incident intervient dans un contexte déjà fragilisé. Dix jours plus tôt, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) reconnaissait avoir été victime, le 20 janvier 2026 à 5 h 30, d’un acte de cybermalveillance visant le guichet unique des validations avec un risque connexe de repérage en vue de vols d’armes à feu. De son côté, un représentant du monde cynégétique rappelait que l’incident “n’est pas à prendre à la légère”, tout en appelant à la vigilance sans panique, selon des propos rapportés par BFMTV.

    Pour les services de l’État, la problématique dépasse désormais la simple protection des données personnelles. Elle touche à la crédibilité des dispositifs numériques encadrant l’accès aux armes et, plus largement, à la résilience des systèmes d’information contribuant à la sécurité intérieure. À l’heure où les fichiers administratifs sont interconnectés et de plus en plus sollicités par les forces de sécurité, chaque faille constitue un point d’entrée potentiel pour des usages délictueux, voire hostiles.

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  • Pétroliers russes en perdition : un navire repart, l’autre dérive et inquiète l’Europe

    Deux pétroliers, Progress et Chariot Tide, posent problème en mer Méditerranée. Liés à la légendaire « flotte fantôme russe« , ces navires font partie d’un réseau opaque de transport de pétrole brut dont les activités suscitent des inquiétudes sur les plans environnemental, économique et géopolitique.

    Progress et Chariot Tide : que se passe-t-il ?

    Le Progress et le Chariot Tide transportent respectivement environ 116 070 m³ et 47 700 m³ de pétrole brut. Le Progress a rencontré des difficultés peu après avoir franchi Alger, tandis que le Chariot Tide a eu des problèmes après avoir traversé le détroit de Gibraltar (une des zones maritimes les plus sensibles au monde). Le transport de pétrole dans ces conditions alarme, d’autant plus que ces navires seraient affiliés à la flotte fantôme russe, connue pour contourner les sanctions internationales par des pratiques controversées.

    Que s’est-il passé et où sont-ils ?

    Les signaux de détresse du Progress ont commencé le 21 janvier, quand le navire dérivait en Méditerranée. Selon le journal La Voix du Nord, le Chariot Tide est resté immobilisé pendant environ 27 heures avant d’être pris en charge par un remorqueur marocain. Si le remorquage a permis au Chariot Tide de reprendre sa route difficilement, le Progress n’a donné signe de reprise que le 26 janvier, en transmettant sa nouvelle position au nord de la Tunisie, en direction de l’Égypte et du canal de Suez.

    Les problèmes signalés sont typiques de pannes mécaniques ou de direction. Le Chariot Tide a navigué à une vitesse très lente de 1,7 nœud, alors que la vitesse normale déclarée du Progress est de 12 nœuds.

    Risques pour l’environnement et interventions en cours

    L’immobilisation de ces navires entraîne des risques immédiats : collisions ou marées noires. Si le Chariot Tide faisait naufrage dans le détroit de Gibraltar, plusieurs centaines de milliers de barils de pétrole pourraient se déverser, avec des conséquences très graves pour la pêche, les écosystèmes marins et le tourisme côtier. Un navire de sauvetage maritime espagnol et un bateau antipollution ont été mobilisés, signe que les autorités prennent au sérieux la gestion des dégâts potentiels liés à ces incidents.

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