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  • 4 ans après une attaque djihadiste, le projet de TotalEnergies au Mozambique va reprendre

    En 2021, l’attaque djihadiste sur le méga projet de TotalEnergies au Mozambique avait fait plusieurs morts. En sommeil pendant 4 ans, le chantier va reprendre, confirme le géant français.

    TotalEnergies ne lâche pas son méga projet au Mozambique

    Le 24 mars 2021, une offensive dans la province du Cabo Delgado, au nord du Mozambique, a frappé la ville de Palma, à proximité immédiate du site du projet de GNL piloté par TotalEnergies. Depuis, le projet est au cœur d’un intense questionnement stratégique, tant industriel que sécuritaire. Le groupe annonce aujourd’hui vouloir relancer le projet, tout en devant composer avec les séquelles de l’attaque et les exigences d’un environnement toujours tendu.

    Le méga-projet gazier du groupe vise à exploiter d’importantes réserves de gaz et à produire du gaz naturel liquéfié (GNL) à destination de marchés internationaux. Pour TotalEnergies, ce développement constitue un pilier de sa stratégie gaz. Lors de l’attaque de Palma, la zone industrielle de l’extension du projet, le site d’Afungi, a été directement impactée. L’assaut d’envergure dans le district de Palma a été attribué à des militants du groupe affilié à l’ISIS-CAP/Al-Shabaab, Mozambique. La violence a duré plusieurs jours. Encore aujourd’hui, aucun nombre officiel de victimes n’a été dévoilé, mais plusieurs centaines de personnes seraient mortes.

    Par conséquent, TotalEnergies avait déclaré la force majeure et suspendu les engagements contractuels liés au projet. Le projet, dont le montant avait été estimé à environ 20 milliards de dollars et une capacité envisagée autour de 13 millions de tonnes de GNL par an, se trouve désormais dans une phase critique.

    Le projet va repartir

    Cette attaque a entraîné non seulement un effondrement de la sécurité à proximité immédiate du site d’Afungi, mais aussi un reflet direct sur l’image et les responsabilités de TotalEnergies. En France, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger » à l’encontre du groupe. Malgré l’ombre de l’attaque, TotalEnergies confirme sa volonté de relancer son méga-projet gazier au Mozambique. Le groupe attend désormais l’approbation d’un budget révisé, d’un nouvel addendum au contrat initial, ainsi que des garanties d’un environnement plus stable.

    Le gouvernement mozambicain et les bailleurs internationaux jouent un rôle critique : par exemple, la banque d’export-import des États-Unis (U.S. Export-Import Bank) a réactivé un prêt de 4,7 milliards de dollars pour soutenir le projet. Sur le terrain, les conditions de sécurité se sont améliorées après le déploiement de troupes rwandaises et des forces mozambicaines, mais le contexte demeure précaire.

    Enfin, pour TotalEnergies, la relance dépendra aussi de sa capacité à démontrer qu’elle a tiré les leçons de l’attaque de 2021, tant en matière de planification que de responsabilité sociale. Mais pour reprendre le chantier, le géant français pose deux conditions. La première : l’allongement du contrat de production de 10 ans. Et surtout, un chèque de compensation du gouvernement de 4,5 milliards de dollars.

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  • L’Allemagne va investir 377 milliards pour moderniser son armée

    Lors de son premier discours, le chancelier allemand Friedrich Merz a martelé un souhait : faire de l’Allemagne la première armée d’Europe. Quelques mois plus tard, cette volonté se traduit par un grand plan chiffré à 377 milliards d’euros.

    Un plan à 377 milliards pour l’Allemagne

    Le gouvernement allemand confirme l’existence d’un vaste projet d’investissement militaire chiffré à 377 milliards d’euros. Ce programme, révélé par Politico, détaille, dans un document interne de 39 pages, la stratégie de réarmement annoncée dès l’arrivée au pouvoir du chancelier Friedrich Merz. L’Allemagne entend ainsi doter la Bundeswehr d’une supériorité technologique et logistique inédite, tout en consolidant son autonomie industrielle face aux tensions géopolitiques croissantes en Europe.

    Dans ce plan de 377 milliards d’euros, environ 182 milliards seront directement injectés dans l’industrie allemande de défense. Une manne qui profitera notamment aux géants Rheinmetall, ThyssenKrupp Marine Systems ou Airbus Defence & Space, chargés de produire de nouveaux chars lourds, sous-marins et systèmes aériens intégrés. En parallèle, la Bundeswehr prévoit le lancement de plus de 320 nouveaux projets, dont 178 disposent déjà de contractants identifiés, signe d’une mise en œuvre rapide et coordonnée.

    Cette stratégie vise autant la modernisation militaire que la revitalisation économique intérieure. En affectant près de la moitié du budget à l’industrie nationale, Berlin cherche à faire de la défense un levier de croissance. L’enjeu est double : renforcer les capacités opérationnelles et stabiliser les chaînes d’approvisionnement européennes, aujourd’hui fragilisées par la guerre en Ukraine et les tensions indo-pacifiques. L’Allemagne, forte de son poids industriel, entend ainsi devenir un pilier stratégique du complexe militaro-économique européen.

    Friedrich Merz veut faire de la Bundeswehr « la plus puissante armée d’Europe »

    Le chancelier Friedrich Merz a fixé un cap clair : bâtir « la plus puissante armée d’Europe ». Cette ambition s’appuie sur un constat largement partagé : malgré les annonces du Zeitenwende de 2022, les capacités réelles de la Bundeswehr restent insuffisantes. Pour combler ce retard, le gouvernement Merz a validé un budget de défense de 108,2 milliards d’euros pour 2026, soit une progression spectaculaire par rapport aux années précédentes.

    D’ici 2029, les dépenses militaires allemandes devraient atteindre 3,5 % du PIB, un niveau supérieur à la moyenne de l’OTAN et inédit dans l’histoire récente du pays. L’objectif est de garantir une armée capable d’intervenir rapidement sur tous les théâtres européens, en particulier sur le flanc Est de l’Alliance.

    L’Allemagne prévoit également une refonte complète de sa structure de commandement et de logistique. Le ministère de la Défense, dirigé par Boris Pistorius, souhaite renforcer les unités de réserve et accroître la mobilité interarmées. Ce dernier déclarait récemment que « les réseaux satellitaires sont aujourd’hui le talon d’Achille des sociétés modernes », justifiant ainsi un investissement de 40 milliards d’euros dans le spatial militaire. Cette intégration du domaine spatial marque une rupture stratégique : la Bundeswehr veut être en mesure de détecter, contrer et frapper à distance dans un environnement hautement numérisé.

    Une Allemagne qui assume son rôle militaire en Europe

    L’annonce du plan de 377 milliards intervient dans un contexte européen marqué par la persistance de la guerre en Ukraine et la fragilité des équilibres transatlantiques. Depuis la réduction progressive de l’aide américaine à Kiev, plusieurs capitales de l’UE ont appelé Berlin à jouer un rôle moteur. Pour Friedrich Merz, cette montée en puissance militaire répond à une logique de responsabilité collective : « L’Europe doit être capable de se défendre sans dépendre de Washington », a-t-il affirmé lors d’un discours au Bundestag le 20 octobre 2025.

    Le budget fédéral adopté le 30 juillet 2025, qui prévoit 126,7 milliards d’euros d’investissements tous secteurs confondus, consacre la défense comme priorité nationale. À moyen terme, la Bundeswehr pourrait devenir, selon plusieurs analystes, la première armée conventionnelle européenne, devant celles du Royaume-Uni et de la France.

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