Catégorie : Comment

  • Allemagne : le chantier de sous-marins Thyssenkrupp survolé par des drones ?

    Le 25 et le 26 septembre 2025, plusieurs drones ont été observés dans le ciel de Kiel, une ville portuaire stratégique du nord de l’Allemagne. L’incident, d’abord signalé par Bild, touche directement des infrastructures sensibles comme le chantier naval de Thyssenkrupp Marine Systems et l’hôpital universitaire. Alors que l’Allemagne fait face à une multiplication des incidents liés aux drones, les autorités cherchent à comprendre l’origine et l’objectif de ces vols suspects.

    Drones et infrastructures sensibles en Allemagne

    Le chantier naval Thyssenkrupp Marine Systems, installé à Kiel, est au cœur de la polémique. Spécialisé dans la construction de sous-marins pour la marine allemande et pour plusieurs partenaires européens, ce site constitue une cible de choix pour d’éventuelles opérations de surveillance. Bild a précisé le 27 septembre que deux drones avaient été aperçus peu après 21 heures à proximité du complexe avant qu’un groupe plus large n’apparaisse au-dessus de l’hôpital universitaire.

    Bild a rapporté que finalement quatre sites clés de Kiel auraient été concernés : le chantier naval, l’hôpital universitaire, une centrale côtière et le canal maritime. La présence coordonnée d’appareils dans ces zones stratégiques suggère une action délibérée de surveillance. Pour un responsable de la sécurité cité par Bild, « la sécurité de sites aussi stratégiques que Kiel doit être une priorité absolue ».

    Un climat sécuritaire tendu de Kiel à Copenhague

    Ces incidents en Allemagne s’inscrivent dans un contexte régional marqué par de multiples survols suspects de drones. Reuters a indiqué le 26 septembre 2025 que le Land de Schleswig-Holstein avait ouvert une enquête pour espionnage et sabotage potentiels. Sabine Sütterlin-Waack, ministre de l’Intérieur du Land, a déclaré : « Bien sûr, nous enquêtons sur chaque soupçon d’espionnage et de sabotage et nous restons très vigilants dans ce domaine ». Cette vigilance reflète la crainte d’opérations hybrides impliquant des acteurs étatiques hostiles, notamment la Russie, citée par plusieurs experts dans la presse allemande.

    Le problème dépasse les frontières de l’Allemagne. L’AP a confirmé le 27 septembre que le Danemark avait également enregistré des survols de drones près de ses installations militaires, entraînant des perturbations du trafic aérien. Quelques jours plus tard, France 24 a rapporté que Copenhague avait interdit les vols de drones civils pendant un sommet de l’Union européenne, par crainte d’incidents supplémentaires. La Russie est régulièrement mentionnée en arrière-plan, même si aucune preuve directe n’a pour l’instant été fournie.

    Une menace qualifiée de « élevée » par Berlin

    Face à cette situation, le gouvernement allemand a durci le ton. Alexander Dobrindt, ministre de l’Intérieur, a déclaré : « Il existe une menace que l’on peut classer comme élevée lorsqu’il s’agit de drones. Elle reste abstraite, mais elle devient très concrète dans certains cas », relaye Reuters. Berlin envisage désormais d’adapter la loi sur la sécurité aérienne afin de permettre l’intervention de l’armée contre des drones suspects. D’après Euronews, 144 survols de drones ont été signalés depuis le début de l’année 2025 en Allemagne, dont 35 autour de l’aéroport de Francfort.

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  • Drone : pourquoi l’armée américaine mise de plus en plus sur le MQ-9 Reaper

    Depuis quelques mois, l’armée américaine investit de plus en plus dans un drone d’un nouveau genre : le MQ-9 Reaper. Un premier escadron vient d’être positionné hors des États-Unis, en Corée du Sud.

    Les États-Unis misent de plus en plus sur le drone MQ-9 Reaper

    En déployant un escadron complet de MQ-9 Reaper à Kunsan, en Corée du Sud, les États-Unis montrent une montée en puissance tactique axée sur la surveillance persistante et la capacité de frappe à distance. Le 29 septembre 2025, l’activation du 431st Expeditionary Reconnaissance Squadron à la base de Kunsan a officialisé l’implantation d’un escadron de MQ-9 Reaper sur le théâtre coréen, une décision des États-Unis destinée à renforcer la surveillance autour de cette zone stratégique, près de la Chine.

    Ce drone se présente comme un drone de moyenne altitude à longue endurance, conçu pour des missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance) tout en pouvant engager des cibles. Il affiche une longueur de 11 m et une envergure d’environ 20 mètres. Le format aéronautique du MQ-9 Reaper lui permet d’emporter des capteurs avancés, comme des caméras thermiques, des lasers de désignation ou encore des radars, pour une couverture persistante sur zone.

    La performance en altitude et en endurance explique le choix des États-Unis pour ce drone : le MQ-9 Reaper peut opérer jusqu’à environ 15 000 m (≈ 50 000 pieds) et maintenir un vol de longue durée selon la charge et la configuration. De plus, sa vitesse de croisière est de l’ordre de 480 km/h, ce qui combine mobilité et temps de maintien au-dessus d’une zone critique pour les forces américaines. Bref, un vrai couteau suisse.

    Capacité d’emport et armement : polyvalence et limites du MQ-9 Reaper

    Le MQ-9 Reaper peut être affecté aux missions armées comme aux missions d’observation. Selon les bilans techniques et rapports de déploiement, il peut emporter des munitions air-sol variées : jusqu’à huit missiles AGM-114 Hellfire en configuration, ou des bombes guidées GBU-12, et des missiles air-air légers suivant la configuration décidée par l’état-major. Cette polyvalence autorise les États-Unis à combiner collecte de renseignement et capacité de frappe au sein d’un même escadron MQ-9 Reaper, en appui des détachements régionaux.

    Cependant, cette capacité d’emport a un coût opérationnel : l’endurance chute quand la charge d’armes est maximale, et la nécessité de liaisons satellite sécurisées pour les commandes est un facteur de dépendance. Les États-Unis compensent ces contraintes par des rotations logistiques et le recours occasionnel au ravitaillement en vol pour prolonger la présence du MQ-9 Reaper. Ainsi, si le drone offre une capacité stratégique importante, il reste dépendant d’un écosystème de support que l’US Air Force a renforcé avec l’activation du 431st ERS, en Corée du Sud.

    Le choix des États-Unis d’implanter un escadron MQ-9 Reaper à Kunsan obéit d’abord à une logique de dissuasion et de renseignement : placé à 240 km de la Corée du Nord et à 400 km de la Chine, le MQ-9 Reaper permet une vigilance accrue sur des zones sensibles, selon les autorités militaires locales.

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