Catégorie : Comment

  • Finalement, l’Espagne n’exclut pas l’achat de chasseurs-bombardiers F-35B le « moment venu »

    Début août, le quotidien El Pais a révélé que Madrid venait de « suspendre indéfiniment » des discussions avec Washington au sujet d’une éventuelle commande de chasseurs bombardiers F-35A/B pour une partie des F/A-18 Hornet [ou C.15M] de l’Ejército del Aire y Espacio et, surtout, les EAV-8B Harrier II [ou Matador] de l’aéronavale espagnole [Flotilla de Aeronaves…

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  • Allemagne : la Bundeswehr est-elle prête à s’engager en Ukraine ?

    L’Allemagne se retrouve confrontée à une controverse stratégique d’ampleur. L’évocation par Friedrich Merz d’un possible engagement militaire direct pour soutenir l’Ukraine a relancé le débat sur l’état de préparation des forces armées allemandes.

    Bundeswehr sous tension : entre engagements existants et limites structurelles

    La Bundeswehr est aujourd’hui engagée sur plusieurs théâtres, en Europe de l’Est, dans les Balkans et dans les missions de l’OTAN. Pourtant, ses moyens restent limités. Depuis la fin de la guerre froide, les effectifs et les capacités ont été réduits de manière drastique, compromettant toute possibilité de projection rapide.

    Le 18 août 2025, en pleine tournée diplomatique à Tokyo, Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, a reconnu les difficultés liées à une éventuelle intervention armée : « Nous sommes au début d’un processus difficile », des propos rapportés notamment par RTL Info. Cette phrase résume l’impasse stratégique actuelle : un soutien politique fort à l’Ukraine, mais une armée en sous-régime.

    L’équipement souffre de lacunes critiques. Les stocks de munitions sont jugés insuffisants pour soutenir un conflit de haute intensité, et la modernisation des systèmes d’armes connaît des retards structurels. En interne, plusieurs officiers supérieurs estiment que la Bundeswehr n’est pas en mesure d’assumer un engagement prolongé sur le sol ukrainien sans mettre en péril d’autres missions essentielles.

    Berlin choisit l’investissement à long terme plutôt que l’envoi de troupes

    Face à ces limites, l’Allemagne privilégie une stratégie de soutien indirect renforcé. Le 13 juin 2025, Berlin avait annoncé une enveloppe de 1,9 milliard d’euros supplémentaires dédiée à l’aide militaire pour l’Ukraine, portant le total pour l’année à 9 milliards d’euros. Cette somme représente un effort budgétaire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Le choix du gouvernement est clair : améliorer les capacités ukrainiennes plutôt que risquer un engagement de la Bundeswehr sur un terrain pour lequel elle n’est ni préparée ni politiquement mandatée. Cette ligne a été confirmée par Friedrich Merz, qui a défendu en mai un accord stratégique permettant à l’Allemagne d’aider l’Ukraine à produire des missiles sans restriction de portée, d’après un article du Monde daté du 28 mai 2025.

    Outre les livraisons d’armes, l’Allemagne a aussi validé l’envoi de cinq systèmes de défense sol-air Patriot, en coordination avec Washington, selon Euronews. Ces équipements visent à protéger les infrastructures ukrainiennes et à contrer les frappes russes sur les zones urbaines et les points stratégiques.

    Des milliards investis, mais une armée à réformer en profondeur

    Selon les chiffres du ministère des Affaires étrangères, 34 milliards d’euros ont déjà été investis dans l’aide bilatérale à l’Ukraine depuis le début du conflit, et 38 milliards supplémentaires sont prévus d’ici fin 2025. Ces sommes incluent les dépenses militaires, logistiques et humanitaires, ainsi que les formations et coopérations industrielles.

    En parallèle, Berlin a renforcé les partenariats avec l’appareil de défense ukrainien. Fin mai, Volodymyr Zelenski a confirmé la signature d’accords de coopération industrielle avec l’Allemagne dans le domaine de la fabrication d’armement. Ces initiatives visent à transférer des compétences stratégiques tout en évitant une implication directe de la Bundeswehr sur le terrain.

    Pour autant, la pression monte au sein des cercles militaires. Plusieurs généraux appellent à une remise à niveau urgente des capacités de projection, citant un besoin immédiat de doublement des effectifs opérationnels et de renouvellement des blindés lourds. Mais ces réformes nécessitent du temps, du consensus politique, et une mobilisation budgétaire durable au-delà de 2025.

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  • Taïwan : un budget de Défense inédit au plus au depuis 2009

    Le 21 août 2025, le gouvernement taïwanais a annoncé une augmentation sans précédent de son budget de Défense. Celui-ci atteindra 949,5 milliards de NT$, soit environ 31,27 milliards de dollars américains, représentant 3,32 % du produit intérieur brut. Selon Reuters, il s’agit d’une hausse de 22,9 % par rapport à 2025 et une décision inédite depuis 2009.

    Taïwan : un budget en forte progression pour sécuriser l’île

    Le projet budgétaire adopté par le cabinet du Premier ministre Cho Jung-tai consacre une part significative aux investissements stratégiques. D’après Focus Taiwan, 161,6 milliards NT$ — soit 5,33 milliards USD — sont alloués aux acquisitions, marquant une hausse de 16,76 %.

    L’entretien opérationnel, indispensable pour maintenir la disponibilité des forces, bénéficie d’une progression record de 34,82 %, atteignant 199 milliards NT$, soit 6,56 milliards USD. Les coûts du personnel restent le premier poste budgétaire avec 200,8 milliards NT$, équivalant à 6,62 milliards USD. Enfin, le budget spécial représente 186,8 milliards NT$ (≈ 6,15 milliards USD), dont 76,8 milliards NT$ (≈ 2,53 milliards USD) destinés aux acquisitions aéronautiques et aux programmes technologiques.

    Capacités militaires : une armée hybride et asymétrique

    L’armée taïwanaise, forte de 165 000 militaires actifs et de 1,6 million de réservistes, s’organise autour de l’armée de terre, de la marine, de la force aérienne et du corps des Marines. L’intégration récente des garde-côtes et des anciens combattants dans le calcul du budget témoigne d’une approche « modèle OTAN », visant à optimiser toutes les ressources nationales.

    • Armée de terre : elle déploie encore des chars M60A3 d’origine américaine et les CM-11 Brave Tiger, modernisés localement, ainsi que de l’artillerie autoportée.
    • Marine : la flotte reste limitée mais se modernise. Les quatre sous-marins en service sont vétustes, mais un ambitieux programme indigène de sous-marins de nouvelle génération est en cours. Des frégates et destroyers d’origine américaine complètent la flotte.
    • Force aérienne : elle constitue l’atout principal de la défense taïwanaise. Elle aligne près de 140 F-16 modernisés en version F-16V, des Mirage 2000-5 français et les chasseurs locaux F-CK-1 Ching-kuo. L’acquisition de 66 nouveaux F-16V auprès de Lockheed Martin, financée par Washington, est en cours.

    La doctrine militaire repose sur l’asymétrie : multiplier les systèmes antimissiles Patriot PAC-3, déployer des missiles antinavires Harpoon, développer des drones indigènes et s’appuyer sur des bases fortifiées pour compenser l’écrasante supériorité numérique chinoise.

    Entre pression chinoise et soutien américain

    Le choix budgétaire de Taïwan s’inscrit dans un rapport de forces défavorable. Selon Reuters , la Chine a augmenté son propre budget militaire de 7,2 % en 2025, dépassant les 220 milliards USD. Pékin aligne plus de deux millions de soldats, des centaines de navires de guerre, et déploie une aviation de cinquième génération.

    Face à cette asymétrie, Taipei compte sur son partenariat stratégique avec Washington. Les États-Unis ont multiplié les ventes d’armes à l’île, incluant missiles antinavires, torpilles, drones et systèmes de défense aérienne. Ces livraisons, dénoncées par Pékin, constituent néanmoins un pilier de la dissuasion taïwanaise. Le dépassement des 3 % du PIB par Taïwan est aussi un signal adressé aux alliés : l’île affiche sa volonté de partager la charge sécuritaire.

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