Catégorie : Comment

  • Après avoir commandé 42 Rafale, Indonésie confirme son intention d’acquérir des chasseurs chinois J-10CE

    En mai, à l’occasion d’une visite officielle du président Macron à Jakarta, le ministre indonésien de la Défense, Sjafrie Sjamsoeddin, a signé une lettre d’intention portant sur l’achat potentiel d’au moins douze chasseurs-bombardiers Rafale F4 supplémentaires, avec en avoir commandé un total de quarante-deux exemplaires auprès de Dassault Aviation en 2022. On pouvait alors considérer…

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  • Taïwan : pour se protéger de la Chine, le gouvernement veut se doter d’un dôme de fer

    Face à la menace de plus en plus importante de la Chine, Taïwan cherche à se défendre. Pour se protéger, le gouvernement vient de dévoiler un projet d’envergure : se doter d’un dôme de fer, comme Israël.

    Taïwan envisage de se doter d’un dôme de fer

    Lors de la fête nationale, le président taïwanais a annoncé un tournant dans la politique de défense du pays. La création du système T-Dome représente un projet d’envergure destiné à protéger l’île contre des frappes aériennes ou balistiques possibles de la part de la Chine. Le T-Dome est présenté comme un système de défense aérienne multicouche, capable d’intercepter missiles, avions et drones. Inspiré du célèbre dôme de fer israélien et des projets américains équivalents, il repose sur la notion dite de « sensor-to-shooter » : relier détecteurs et systèmes de tir afin de réduire le délai de réaction et d’augmenter la probabilité d’interception.

    Actuellement, Taïwan s’appuie sur des missiles Patriot fournis par les États-Unis, ainsi que sur des systèmes indigènes comme le Sky Bow et le Chiang-Kong. L’intégration prévue dans le T-Dome doit permettre à ces éléments hétérogènes de répondre instantanément à toute menace, du plus petit drone de reconnaissance au missile balistique de très longue portée.

    Cibler les nouvelles formes de guerre aérienne

    Les experts taïwanais insistent sur l’importance du volet anti-drone du T-Dome. Selon le ministère de la Défense, près de 100 drones chinois ont été détectés survolant l’île en une seule semaine. Les coûts étant jugés prohibitifs pour les systèmes Patriot, l’armée développe des solutions plus économiques, combinant radars AESA, capteurs RF et munitions à fragmentation pour neutraliser ces appareils.

    En parallèle, Washington pousse Taipei à renforcer ses capacités défensives, notamment face aux avancées de Pékin dans les technologies hypersoniques, les porte-avions et les avions furtifs. Un exemple très concret du défi : la base de la brigade 611, sur la côte est chinoise, a vu 36 nouvelles rampes de lancement être installées récemment, selon une analyse américaine.

    Un pari stratégique et financier tous azimuts

    Le T-Dome est le point d’orgue d’une transformation stratégique de la défense taïwanaise. Le président Lai a annoncé que la part dédiée aux forces armées grimpera à plus de 3 % du PIB en 2026 et atteindra 5 % en 2030. Une enveloppe budgétaire spéciale doit être proposée d’ici à la fin de l’année 2025 pour lancer la phase de conception et d’achat de matériel.

    Un exemple : Taïwan a signé un contrat de 761 millions de dollars pour l’achat de lanceurs NASAMS destinés à la lutte contre les drones, et déploie déjà sur des îles périphériques des systèmes portables capables de détecter des drones à 6 km de distance.

    Le T-Dome symbolise la détermination de Taïwan à défendre sa souveraineté, mais aussi sa capacité à moderniser son appareil militaire à l’heure où les États-Unis et le Japon encouragent les alliés asiatiques à assumer davantage leur défense. Le système vise également à envoyer un message fort à Pékin : Taipei ne renoncera pas à sa sécurité, quelles que soient les pressions.

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  • Défense opérationnelle du territoire : La Gendarmerie nationale n’a pas les moyens de remplacer ses FAMAS

    Créée durant la guerre de Cent Ans, qui opposa les Valois aux Plantagenêts [et donc le Royaume de France à celui d’Angleterre] entre 1337 et 1453, la Maréchaussée était un corps militaire chargé d’assurer la justice aux armées. Après la victoire de Castillon [1453], qui permit au roi Charles VII de reconquérir les possessions anglaises…

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  • Recrutement dans la défense : un secteur stratégique qui peine à séduire

    Un marché de l’emploi sous tension dans la défense française et européenne

    Depuis quatre ans, le recrutement dans la défense connaît une intensification sans précédent. Selon l’étude PageGroup menée en septembre 2025 auprès de 1 165 répondants, la hausse de plus de 30 % des dépenses militaires européennes entre 2021 et 2024 a provoqué une véritable ruée sur les talents techniques. La France, qui concentre 43 % des offres d’emploi du secteur en Europe, reste en première ligne.

    Les besoins sont immenses : ingénieurs systèmes embarqués, spécialistes en cybersécurité, techniciens de maintenance, experts en IA et en data. Mais le vivier de candidats ne suit pas. « Le marché du recrutement dans la défense est aujourd’hui aussi tendu que celui de la pharma en sortie de crise Covid », résume Caroline Bernadat, Senior Director chez Page Personnel. Face à cette pénurie, les entreprises relèvent les salaires, débauchent dans d’autres secteurs, et multiplient les campagnes d’attractivité.

    Des métiers stratégiques, mais un déficit d’image persistant

    Malgré un chiffre d’affaires annuel de 30 milliards d’euros et plus de 4 000 PME dont 1 000 jugées stratégiques, la filière peine à séduire les jeunes diplômés. D’après PageGroup, 20 % des candidats affirment qu’aucun argument ne pourrait les convaincre d’y travailler. Les motivations restantes se répartissent entre la rémunération (47 %), l’intérêt pour les innovations (20 %) et les perspectives de carrière (13 %).

    Le manque de sens demeure un frein central au recrutement : la défense reste perçue comme un secteur fermé, voire clivant, loin des aspirations sociétales des nouvelles générations. Les femmes, en particulier, privilégient les filières de l’énergie, de l’aéronautique ou du pharmaceutique, accentuant le déséquilibre de genre. « Les meilleurs profils techniques choisissent leurs employeurs », souligne encore Caroline Bernadat, évoquant un marché où les talents mènent désormais la danse.

    Entre ambitions étatiques et réalité des vocations

    Côté institutionnel, le ministère des Armées affiche des ambitions colossales. L’objectif de 40 000 recrutements civils et militaires en 2024 s’ajoute à celui de porter le nombre de réservistes à 80 000 d’ici 2030, contre 45 000 actuellement. Ces chiffres illustrent un volontarisme politique inédit.

    Mais la réalité du terrain nuance cette dynamique : si 12 000 nouvelles candidatures ont été reçues dès le premier trimestre 2025, l’exécutif fait face à une véritable « crise de croissance ». Retards de paiement atteignant 71 jours, pénurie de logements, manque d’équipements et tensions entre réservistes et militaires d’active freinent la montée en puissance de cette main-d’œuvre hybride.

    Un écosystème concurrentiel où la fidélisation devient stratégique

    Les tensions sont d’autant plus fortes que 84 % des ingénieurs du secteur déclarent être engagés dans plusieurs processus de recrutement simultanés, et 64 % se disent sollicités au moins une fois par mois par des recruteurs. Ce climat de concurrence généralisée renforce la volatilité des profils techniques et met la fidélisation au cœur des stratégies RH.

    Les entreprises misent désormais sur la formation interne et les passerelles entre sous-traitants et donneurs d’ordre. « Avoir travaillé dans la défense est une véritable plus-value sur le marché de l’emploi », rappelle Caroline Bernadat, soulignant qu’au-delà des contraintes, l’expérience acquise dans ce domaine reste un gage d’excellence. Reste à savoir si cette promesse de valeur suffira à convaincre une génération en quête de sens et de flexibilité.

    Un défi structurel : repenser l’attractivité pour préparer la relève

    Derrière cette crise de recrutement, c’est l’ensemble de la chaîne de compétences qui se fragilise. Le manque d’enseignants dans les filières d’ingénierie militaire, l’insuffisance de passerelles entre formation civile et secteur défense, ou encore la méconnaissance des opportunités offertes par les programmes industriels nationaux — tels que SCAF, MGCS ou Hydrogène Défense — freinent l’émergence de nouvelles vocations. Plusieurs industriels, dont Dassault Aviation et Safran, alertent sur la nécessité de réinvestir dans les écoles et de créer des parcours à double diplôme associant technologies critiques et ingénierie de souveraineté.

    En parallèle, le gouvernement envisage d’élargir les dispositifs de communication auprès des étudiants et des jeunes actifs, avec des campagnes de recrutement ciblées sur la cybersécurité, la robotique et l’intelligence artificielle militaire. L’objectif : donner une image plus moderne et inclusive du secteur, afin de transformer une industrie perçue comme fermée en véritable levier d’innovation et d’emploi durable.

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