Catégorie : Comment

  • Défense : un commissariat au numérique va voir le jour au sein de l’armée

    Depuis quelques années, le numérique est l’un des secteurs les plus stratégiques en matière de défense. Pour aller plus loin et rassembler les différentes entités du ministère des Armées, un Commissariat au numérique de défense verra le jour le 1er septembre 2025.

    Un Commissariat au numérique de défense arrive au sein de l’armée française

    Le 1er septembre 2025, le ministère des Armées franchira une étape clé avec la création du Commissariat au numérique de défense. Cet organisme constituera un levier stratégique de la politique de défense française. Alors que la guerre moderne repose de plus en plus sur la supériorité technologique et la maîtrise des systèmes d’information, cette initiative illustre la volonté de la France d’inscrire le numérique au cœur de sa puissance militaire.

    Le Commissariat au numérique de défense (CND) naît d’un constat clair : les armées françaises doivent consolider leurs efforts numériques pour rester crédibles face aux puissances concurrentes. Selon le ministère des Armées, le CND aura pour mission d’« apporter un appui numérique performant et résilient aux opérations les plus exigeantes ». En outre, il devra « faciliter la construction du futur système de combat autour du numérique et de la donnée » et « apporter un appui numérique permettant au ministère de fonctionner au quotidien ». Ces objectifs soulignent l’ampleur de l’ambition : faire du numérique un facteur décisif de puissance.

    L’annonce officielle précise que l’organisme regroupera plusieurs entités déjà existantes : la Direction générale du numérique (DGNUM), la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information de la défense (DIRISI) et l’Agence du numérique de défense (AND). L’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) viendra compléter l’ensemble en 2026. Ce choix de fusion vise à éviter les doublons, à rationaliser les ressources et à donner davantage de cohérence à la stratégie numérique militaire.

    Une création encadrée par le droit et portée par de nouveaux responsables

    Le décret n° 2025-782 du 6 août 2025, publié au Journal officiel le 8 août, officialise la création du CND. Ce texte fait du Commissariat un service d’administration centrale placé sous l’autorité directe du ministre des Armées. Ses missions couvrent la politique numérique, l’usage du spectre des fréquences, ainsi que l’administration des données, des algorithmes et des codes sources. Fait notable, les services de renseignement que sont la DGSE et la DRM ne sont pas intégrés au CND, signe que leur autonomie numérique demeure stratégique.

    La direction de ce nouvel outil a été confiée à deux figures reconnues. Le général de corps d’armée Erwan Rolland, ancien directeur central de la DIRISI, devient le premier commissaire au numérique de défense. Sa nomination a été validée en Conseil des ministres le 27 août 2025. À ses côtés, Lionel Morin, ingénieur général de l’armement, est désigné commissaire adjoint. Ces choix incarnent la volonté de conjuguer expérience opérationnelle et expertise technique de haut niveau face à la menace numérique.

    Des enjeux budgétaires et stratégiques au cœur de la puissance militaire

    La création de ce Commissariat ne s’explique pas seulement par des impératifs d’organisation. Elle s’inscrit aussi dans une trajectoire budgétaire ambitieuse. La Loi de programmation militaire (LPM) 2024–2030 prévoit 20 milliards d’euros spécifiquement alloués au numérique. Cette enveloppe illustre la conviction que la guerre de demain se gagnera autant par la maîtrise des systèmes d’information que par la puissance de feu traditionnelle.

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  • L’Allemagne appelle à mettre les intérêts nationaux de côté pour relancer le Système de combat aérien du futur

    Désigné maître d’œuvre du pilier n° 1 du projet de Système de combat aérien du futur [SCAF], lequel correspond au développement d’un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter], Dassault Aviation ne cesse d’expliquer à qui veut l’entendre qu’il n’a pas toute la latitude nécessaire pour tenir son rôle face aux…

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  • Liban : l’ONU acte le départ des casques bleus d’ici 2027

    Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 28 août, une résolution fixant la date de départ des casques bleus du Liban au 31 décembre 2027. Ce vote met fin à près d’un demi-siècle de présence militaire internationale dans le sud du pays. La mission onusienne, qui comptait 10 800 militaires et civils selon Le Monde, doit progressivement céder sa place à l’armée libanaise, appelée à devenir l’unique garante de la sécurité dans cette zone frontalière sensible.

    Une résolution onusienne qui organise la fin de la Finul et le transfert des responsabilités à l’armée

    La résolution adoptée par le Conseil de sécurité a été parrainée par la France et prévoit une prolongation du mandat de la Finul jusqu’au 31 décembre 2026. À partir de cette date, un retrait progressif sera engagé sur une année entière, pour aboutir au départ définitif des casques bleus fin 2027, comme l’a indiqué Reuters. Cette phase transitoire doit permettre au Liban de renforcer ses propres capacités militaires et de consolider le contrôle de son territoire.

    Pendant cette période, la mission onusienne conservera des tâches limitées : assurer la sécurité du personnel des Nations unies, protéger les civils en cas de menace grave et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Le mandat historique, qui incluait la surveillance de la frontière et la médiation entre Israël et le Liban, sera ainsi réduit à des fonctions de soutien, précise Le Monde. Ce redimensionnement traduit la volonté des États membres de responsabiliser les forces armées libanaises, dont la préparation et les moyens demeurent au centre des débats.

    Liban : inquiétudes européennes face au retrait des casques bleus et craintes d’un vide sécuritaire

    Si Israël et les États-Unis se sont réjouis de cette décision, la France et l’Italie ont exprimé de vives réserves. Selon Le Monde, Paris et Rome redoutent qu’un retrait trop rapide ne crée un vide sécuritaire dans lequel le Hezbollah pourrait s’engouffrer. Les diplomaties européennes insistent sur la fragilité des institutions militaires libanaises, confrontées à une grave crise économique et à des difficultés logistiques persistantes.

    L’Orient-Le Jour rappelle que la Finul commencera à réduire ses effectifs dès fin 2026, un calendrier jugé risqué par certains experts militaires. La FINUL, déployée depuis 1978, a souvent servi de tampon entre Israël et le Hezbollah. Le départ programmé fait donc planer l’incertitude sur la stabilité de la région, d’autant que la frontière dite de la « ligne bleue » reste l’une des plus explosives du Moyen-Orient.

    Israël et Washington saluent une « bonne nouvelle », la Finul laisse derrière elle un bilan contrasté

    Du côté israélien, la fin de la présence des casques bleus est présentée comme une avancée. « C’est une bonne nouvelle », a déclaré un responsable israélien cité par AP News, rappelant les critiques récurrentes de l’État hébreu contre l’inefficacité supposée de la mission. Washington, qui soutenait également la réduction progressive de la force, considère que l’heure est venue de transférer la charge de la sécurité aux autorités locales. Pourtant, le bilan de la Finul n’est pas négligeable.

    Le Financial Times souligne que les casques bleus ont permis le démantèlement de plus de 500 structures liées au Hezbollah dans le sud du Liban, contribuant ainsi à contenir l’escalade militaire. Toutefois, la mission n’a jamais pu empêcher totalement les violations de la ligne bleue ni neutraliser l’arsenal croissant du mouvement chiite. À la veille de son départ, la Finul laisse donc une empreinte contrastée : indispensable rempart pour certains, force d’inertie pour d’autres.

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